Chaque année, l’hiver essaie de nous tuer et c’est beau!

Written by: Philippe Gendron; Edited by: Sarah Pudwell

L’hiver, cette saison a une connotation particulière, contrairement à l’été qui semble être universellement apprécié de tous, les réactions envers l’hiver sont pour le moins mitigé. D’une part, certains se réjouissent du manteau blanc qui recouvre le sol, alors que d’autres anticipent déjà la sloche qui inondera les rues. Les uns se réjouissent à l’idée de s’élancer la glace des rivières patin aux pieds alors que les autres grattent tant bien que mal le givre qui les nargue depuis le parebrise de leur véhicule. Sans compter que l’hiver est la seule menace sérieuse d’origine naturelle ici au Canada. Prenez un moment pour réfléchir à toutes les mesures mises en place pour nous protéger de l’hiver : Maison isolée, chauffage, Vêtement chaud en prévision de l’hiver et toutes les infrastructures qui sont conçus afin de pouvoir résister au gel et au dégel périodique de notre climat. Toutes ces mesures n’ont qu’un seul but, protéger notre corps qui doit conserver une température moyenne de 370C. Une chute de 20C entraine des réactions physiologiques telles que le frissonnement qui vont s’accentuer jusqu’à ce que le corps atteigne une température de 230C  qui se résultera par l’arrêt du cœur. Par conséquent, contrairement à l’été,  sortir de sa maison sans vêtement l’hiver causerait votre mort.

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Cependant, tout cela n’a aucun sens, si l’hiver est si dangereux pourquoi est-ce que seules des conditions exceptionnelles amène des personnes à mourir de froid? C’est vrai, l’hiver n’est plus la froide tueuse qu’elle fut, mais ses conditions exceptionnelles n’ont pas toujours été si exceptionnelles. La grande majorité des premiers Européens qui sont arrivés sur le continent n’ont pas survécu à leurs premiers hivers. Prit au dépourvue face au  grand froid de l’hiver, c’est de peine et de misère qu’une poignée ont vus le printemps. Jusqu’à l’arrivée de la modernité, la préparation pour l’hiver était une grande préoccupation qui durait pratiquement trois saisons. Il fallait suffisamment de nourriture, de bois et autre. Une fois que le froid et la chute de la neige arrivent, c’était la promesse que tous vos déplacements seront grandement plus difficiles. Donc adieu les préparations de dernière minute. À chacun de vos pas, la neige qui monte jusqu’à vos genoux vous rappelle que vous n’avez plus l’avantage, vous devez vous battre à chaque instant pour ne pas succomber au froid.

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Alors nous revoilà, au 21e siècle, l’hiver ne nous menace plus, déchu de son titre par les divers dispositifs électriques qui génère de la chaleur et par les charrues qui entasse la neige sur les trottoirs et nourrissent les routes de sodium pour les préserver du givre. Dans ce cas, que reste-t-il de l’hiver? La réponse est simple, tous les moyens de transport adapté à l’hiver que nous avons inventé comme la raquette, le ski, le traineau pour ne nommer que ceux-là, sont resté pour notre bon plaisir. Maintenant, nous avons le luxe de profiter de sport que seule la neige peut nous offrir tout en profitant du paysage nordique de notre coin de pays. Parce que d’une façon ou d’une autre tout cela fait partie de notre identité collective, même s’il est absurde de prétendre que nous sommes les seuls à pratiquer des sports d’hiver, il n’empêche que ceux-ci sont profondément imbriqués dans notre folklore. C’est ainsi que je vous invite, à considérer tous les matins où le froid vous prend à la gorge non pas comme une agression, mais plutôt comme une invitation à vivre l’hiver!

 

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